Eloge du changement

On ne peut pas parler d’innovation sans parler de changement. Il en est l’une des briques et sans doute l’un des atouts les plus efficaces, à une seule condition, c’est qu’il soit accepté. Anticiper le changement, l’organiser, l’accompagner sont donc les enjeux du moment. Le tout se faisant à une vitesse folle et à tous les niveaux de l’entreprise, de l’association ou de la société.

Le changement c’est la vie. Il a toujours existé et a toujours puni ceux qui ne savaient pas s’y adapter. Ce qui change justement aujourd’hui, c’est que le temps que nous avons pour l’anticiper, l’intégrer et « vivre avec » a considérablement diminué. Cela ne perturbe pas les générations Y et Z qui se sont construites sur des modèles de pensée agiles, que l’on aurait tendance à condamner un peu trop vite pour un soi-disant manque de profondeur. Ceux qui furètent ,comme disent les Canadiens, les « zappeurs », qui privilégient bien souvent la liberté, le sens et le mouvement, à la sécurité, sont des profils nouveaux certes, mais qui n’excluent pas l’expertise, au contraire. Expert et « fureteur », tel est le juste équilibre, telles sont les personnalités que l’on rencontre aujourd’hui dans les entreprises, les associations mais aussi dans des CoDir, élargis en effectifs et horizontalisés. Parce que l’impact de la technologie est énorme, il sera donc aussi demandé aux experts d’appréhender le sens de leur métier dans une démarche globale partagée. Cette recherche de sens illustre bien l’aspiration qu’ont les hommes à plus de liberté et d’autonomie.

Pas de changement sans confiance.

Ces nouveaux profils ont bien compris que leur capacité d’adaptation au changement était leur force. Ils ont bien compris aussi que le changement était créateur de valeur, induisant ainsi un état des lieux indiscutable : le marché n’est plus celui de l’entreprise, mais bien celui des Hommes. L’entreprise comme l’association doit donc s’y adapter.

La culture du changement n’est pas vraiment française. C’est celle de la confiance, de l’ouverture, de la curiosité, mais surtout celle du pragmatisme dont nous nous sommes un tant soit peu éloignés. La France qui cultive avec passion sa dextérité à conceptualiser doit aujourd’hui travailler sa capacité à appliquer. Appliquer le changement avec bon sens, voilà donc l’enjeu central des prochaines années. Ne traduit-on pas en français par « Prendre un risque » ce que les Anglais ou les Américains appellent : « Take a chance » ? Appliquer le changement dans les entreprises ou les organisations nécessitera donc du temps et de la détermination pour affronter le pire de tous les freins : la peur.

Faire ce que l’on a dit que l’on ferait…

Or la peur crée le risque. Sortir de la conceptualisation pour faire ce que l’on dit, pour poser des actes de management clairs, est essentiel à la réussite ; oser dire les choses, jouer la transparence (pendant 1 temps mais pas tout le temps…), devenir un passeur plus qu’un manager, faire preuve d’autodérision et d’humilité sont quelques unes des clés à appliquer. Mais il y en a d’autres à ne pas oublier, comme par exemple cultiver la contrainte, qui reste une grande source de création. Rien de neuf donc, sauf le rythme à prendre et quelques considérations à garder en tête lorsque ça gite un peu trop fort : le danger crée l’innovation, l’innovation crée le changement, le changement crée le danger… et ainsi de suite. Et retenir enfin : tout cela n’est pas grave ! A une condition cependant : que le changement soit conduit avec bienfaisance.

Je considère aujourd’hui qu’il est nécessaire voire obligatoire d’appréhender puis d’aimer le changement.
Ainsi je conseille aujourd’hui d’être attentif aux points suivants :


Pour s’adapter au changement les associations doivent cultiver encore plus et surtout à tous les niveaux :

  • le sens,
  • la transparence,
  • la bienveillance,
  • la bienfaisance,
  • la sincérité,
  • la simplicité,
  • le goût de la transmission.

On sort des schémas conceptualisés pour cultiver le bon sens avec humilité mais de manière volontariste.

Pour s’adapter, les bénévoles comme les salariés doivent :

  • cultiver leurs différences et donc ce qu’elles vont apporter à l’autre et à l’association,
  • savoir définir leurs objectifs mais aussi leur rêve,
  • la confiance en eux,
  • la confiance dans l’avenir,
  • le lâcher-prise.

 

Franck PASQUET pour Webassoc
Franck PASQUET
Directeur Associé du cabinet de chasse Arrowman

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